Des datacenters aux carrières, le Greenwashing s’empare des projets.
Pour devenir acceptables dans leur démarche environnementale participant à la diminution des émissions de GES (Gaz à Effet de Serre), beaucoup de porteurs de projet entendent mettre en œuvre des solutions qui ne sont souvent que des « rustines », ou analysées comme des remèdes pire que le mal. A ce titre les « biodiesels » annoncés comme des solutions miraculeuses pour remplacer les énergies fossiles, ne sont pas les bienvenus.
Les datacenters en première ligne.
L’impact des datacenters sur l’environnement et l’aménagement du territoire ne peut plus être ignoré, en particulier sur la partie Est de la Seine-Saint-Denis et plus précisément pour l’Etablissement Public territorial Paris Terres d’Envol sur lequel trois nouveaux datacenters ont été autorisés depuis juillet 2024 à Tremblay-en France, Dugny, Aulnay-sous-Bois. Sur le Bourget, un dernier projet qui a été soumis à enquête publique du 6 octobre 2025 au 7 novembre 2025 a reçu un avis favorable de la commissaire enquêtrice en ce début d’année 2026. Ce projet cristallise l’ensemble de tous les enjeux environnementaux associés à ce type d’activité. Les principaux enjeux environnementaux bien identifiés à ce jour sont, la consommation énergétique et le bilan carbone associé, la pollution atmosphérique, la gestion du bruit, le risque technologique (batteries au lithium). L’ADEME estime pour sa part qu’en termes d’émissions de GES, le scénario tendanciel verrait les émissions provoquées par l’utilisation des centres de données présents sur le territoire français être multipliées par 3,3 entre 2024 et 2035, et par 4,8 d’ici 2050.
Pour seule réduction de leur impact sur le climat les porteurs de projet proposent de remplacer le fuel utilisé pour l’alimentation des groupes électrogènes de secours par une source d’énergie HVO (Huile végétale Hydrotraitée/Hydrotreated Vegetable Oil) annoncée comme moins émettrice de GES.
En premier lieu ces affirmations sont contredites par le Ministère de l’Economie, des Finances et de la souveraineté Industrielle et Numérique, qui considère en particulier pour le HVO « qu’aucun potentiel décarbonant significatif à l’échappement ou sur le cycle de vie n’est observé ».
En deuxième lieu comme le souligne les porteurs de projet eux-mêmes pour l’ensemble des datacenters, face à une disponibilité très incertaine l’utilisation de ce type de carburant n’est pas assurée et ressemble dans les tous les projets à une simple mesure d’intention qui n’apportera aucun bénéfice pour l’environnement.
Les mauvais calculs de Placoplatre sur le Fort de Vaujours.
Le projet de carrière de gypse de Placoplatre sur le Fort de Vaujours a été suspendu le 25 juillet 2024 par le TA de Montreuil en particulier pour « l’insuffisance des mesures d’évitement, de réduction et de compensation (ERC) pour les gaz à effet de serre générés par le projet. »
Dans son nouveau projet présenté en enquête publique du 24 novembre 2025 au 30 décembre 2025, les mesures ERC imaginées par Placoplatre pour diminuer ses émissions de GES consistent à remplacer le fuel, carburant essentiel des engins de chantier, par un biodiésel reconnu comme inefficace, au même titre que l’alimentation des groupes électrogènes des datacenters.
Seules les mesures d’évitement par une exploitation du gypse en « souterrain », comme pour les carrières de Bernouille et de Cormeilles-en-Parisis, permettront d’être conforme aussi bien aux demandes du TA de Montreuil qu’aux objectifs de réduction d’émissions de GES fixées par le Schéma National Bas Carbone. Pour mémoire l’exploitation du Gypse en « souterrain » émet, à la tonne extraite, 30% de GES de moins que l’exploitation à ciel ouvert.
